SATHOAN : Quand la pêche artisanale entre dans l’ère des données
- 25 juillet 2025
- Category: Actualités
Dans le paysage complexe et fragile de la pêche méditerranéenne, certaines organisations se trouvent au carrefour entre nécessité économique, urgence environnementale et résilience sociale.
La SATHOAN, acronyme de Sardine, Thon, Anchois, est l’une de ces forces. Représentant une flotte de pêcheurs artisanaux, elle combine organisation de marché, supervision réglementaire et coopération scientifique pour tracer une nouvelle voie vers une pêche durable.


Soutenir la petite pêche grâce à l’innovation et à la régulation
Basé dans le sud de la France, la SATHOAN regroupe plus de 110 navires côtiers, exploités principalement par de petits pêcheurs artisanaux.
Longtemps dépendantes des savoirs transmis de génération en génération et de l’intuition, ces flottilles artisanales doivent désormais composer avec une nouvelle réalité : conformité réglementaire, limites environnementales et numérisation des systèmes alimentaires.
Face à un cadre réglementaire plus strict, à la perte de biodiversité et aux exigences des marchés internationaux, le modèle devait évoluer. Sous la direction de Bertrand Wendling, directeur général de la SATHOAN, la coopérative a adopté un rôle hybride : organisateur de marché, régulateur et moteur d’innovation.
Elle gère les quotas, délivre les autorisations de pêche, représente la voix des pêcheurs et garantit un accès équitable à l’Organisation Commune des Marchés (OCM).
Les efforts de la coopérative ont été récompensés par une double certification :
- la certification Marine Stewardship Council (MSC) pour le thon rouge,
- un écolabel national pour les pratiques responsables.
La science et les partenariats sont au cœur de cette évolution. La SATHOAN collabore avec des institutions de premier plan comme CNRS, IFREMER, WWF, et entretient une alliance technique étroite avec CLS, connue pour ses systèmes de surveillance par satellite.

Traçabilité et technologie : comment la SATHOAN renforce la durabilité des pêcheries
Le projet phare ? L’équipement de plus de 70 navires avec le système de géolocalisation NEMO, alimenté par des balises solaires. Cette transition numérique a littéralement connecté la flotte en temps réel.
La coopérative peut désormais :
- géolocaliser les activités de pêche,
- vérifier les journaux de bord,
- et suivre plus de 10 000 événements de prises accessoires (bycatch), une mine d’or pour la surveillance environnementale et une meilleure gestion des espèces sensibles comme les raies et les requins.
